Interview – Andre Matos, le 24/02/2008 – Par : Powersylv


Créé au début des années 2000 suite au clash qui a eu lieu au sein d’ANGRA, SHAAMAN signait un nouveau départ artistique pour Andre Matos, Luis Mariutti et Ricardo Confessori. Il y a eu l’album The Ritual qui avait obtenu une bonne reconnaissance dans notre pays. Puis le Ritualive. Mais ensuite, SHAAMAN a préféré se concentrer sur le foyer brésilien, et du coup nous avions ici perdu de vus ces chaleureux musiciens.
L’histoire se répète en 2007 et seul Ricardo Confessori garde désormais les rennes d’un SHAAMAN qui a perdu de sa superbe, il faut bien le dire. Quant à Andre Matos, toujours suivi des fidèles frères Mariutti et rejoint par d’autres musiciens talentueux (au premier rang desquels le revenant Andre Hernandes qui avait présidé aux premières heures d’ANGRA) se lance enfin dans une carrière sous son propre nom. Nous avons rencontré à Paris un Andre Matos toujours aussi volubile et chaleureux, fidèle à lui-même quoi. Un Andre parfait gentleman qui nous a parlé avec sourire de son actualité – son nouvel album Time To Be Free – , tout en revenant vers un passé fructueux. Le chanteur brésilien est heureux de retrouver la France, et nous, nous sommes heureux de le retrouver aussi, avec cette impression bizarre l’avoir vu depuis plusieurs longtemps, très longtemps …

Powersylv (P) : Bonjour Andre. Ravi de te revoir après tout ce temps. Je vais démarrer avec une question délicate mais qui doit revenir assez souvent : que s’est-il passé avec SHAAMAN ?

Andre Matos (A) : Pour être franc, l’atmosphère dans le groupe s’est dégradée progressivement jusqu’à atteindre un point critique. Si tu ne trouves pas au plus vite la solution pour régler les problèmes, en discutant avec tes partenaires du groupe pour trouver des réponses et des issues … tu ne peux pas continuer et faire comme si de rien n’était. C’est du moins mon sentiment. Pas mal de groupes tentent de sauver les apparences, peut-être pour ne pas perdre leur notoriété, de l’argent, leur crédibilité ou pour d’autres raisons, peu importe. Peut-être aussi parce qu’ils ont peur de provoquer une rupture qui est pourtant souvent à terme inévitable. Je pense moi que, quand ça arrive, ce type de rupture est nécessaire. Cela permet de te remettre en question, et ça te permet aussi de te motiver à nouveau pour avancer. Garder une situation telle qu’elle l’était dans le derniers mois de SHAAMAN, il n’y a rien de tel pour se démotiver, pour tuer tout processus de création ou ses performances. Ca va même jusqu’à t’affecter dans ta vie car cette situation inconfortable peut aller jusqu’à te ronger de l’intérieur. Je parle de relations en général, pas seulement dans la musique mais aussi dans ton boulot : ça arrive à un moment de ne plus s’entendre avec son patron par exemple.

(P) : Et puis, les fans perçoivent lorsqu’un groupe se produit sur scène si quelque chose ne va pas …

(A) : Bien sûr. Les fans ne sont pas stupides. C’est ce qui s’est passé à la fin d’ANGRA. J’ai entendu des échos de fans qui s’étaient dit "Y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans le groupe". Finalement, dans les groupes que j’ai connu, j’ai toujours été celui qui a dit stop. A chaque fois, ça a été quelque chose de difficile à faire, c’en était même assez … horrible, finalement. La période qui suit est toujours assez rude et incertaine. Mais il fallait que j’en passe par là pour me retrouver, me donner à nouveau les moyens pour faire ce que j’ai envie de faire. Dans ma carrière, comme tu le sais, j’ai évolué dans des groupes successifs. J’ai quitté VIPER pour fonder ANGRA. Puis j’ai quitté ANGRA pour me lancer dans l’aventure SHAAMAN. Et puis voilà, SHAAMAN pour moi, c’est terminé et j’ai pensé qu’il était temps de me lancer enfin dans un projet solo. Arrêter SHAAMAN, c’était la seule chose que je pouvais faire pour rester honnête envers moi-même et envers les fans. Même si au début ceux-ci peuvent ne pas comprendre car ils sont attachés au groupe. Mais je suis persuadé que lorsque ceux-ci entendront ce que j’ai à leur proposer, ils auront vite compris mes motivations.

(P) : Quelque fans en France t’avaient déjà connus avec VIPER. Cependant, tu t’es surtout illustré comme chanteur d’ANGRA, avec le succès que l’on sait, puis ensuite avec SHAAMAN. Cette fois, tu as décidé carrément de donner ton propre nom à ton groupe. Veux-tu signifier par là que maintenant, il s’agit réellement de ton propre groupe … ce qui n’était pas forcément le cas avant ?

(A) : Comme je le signalais précédemment, je sentais qu’il était temps cette fois de monter mon propre groupe. Je n’aime pas trop parler de projet solo car je crois que ce groupe est un véritable groupe, et je suis attaché à ce concept. C’est avant tout un challenge. Je m’estime aujourd’hui être assez mature pour proposer quelque chose auquel mon propre nom puisse être associé. Je ne renie aucunement toutes les expériences que j’ai connues par le passé, bien au contraire. Cela fait longtemps que je voulais avoir mon propre groupe, mais j’étais trop impliqué dans ANGRA puis dans SHAAMAN pour pouvoir le faire. Après le split de SHAAMAN, je me suis senti prêt à prendre cette responsabilité. C’était une décision importante car je me suis dit que les fans seraient curieux de savoir ce qu’il y aurait sur un disque qui sortirait sous le simple nom d’Andre Matos. Mais ce qu’il y a de bien, c’est que je ne peux pas splitter avec moi-même (sourire).

(P) : C’est sûr. Alors j’ai vu que dans les musiciens qui t’accompagnent – et ce n’est pas réellement une surprise -, il y a Luis Mariutti (déjà bassiste d’ANGRA et de SHAAMAN) et son frère Hugo (guitariste de SHAAMAN). Ils étaient déjà donc prêts à te suivre dans l’aventure …

(A) : Avec Luis, on se connaît depuis très longtemps. J’ai fondé SHAAMAN avec lui et son frère Hugo et ils n’ont pas hésité à se joindre à moi. J’étais au début un peu gêné de leur demander de travailler avec moi, sachant que cette fois ce projet porterait mon nom. Tu comprends, avant nous étions "partenaires dans un groupe" alors que là, ils sont "musiciens dans mon groupe". Mais au final, il n’y a pas de changement dans nos relations. Il y a une confiance réciproque entre Luis, Hugo et moi. Comme des frères, au pire de très bons amis. Donc il n’y a pas eu d’hésitation de leur part, sachant que le groupe d’Andre Matos resterait une entité très démocratique finalement. Ce groupe a mon nom mais chacun a participé à l’écriture. Nous continuons toujours de discuter entre nous et de proposer des choses, comme avant. Il y a aussi Andre Hernandez qui est l’autre guitariste et qui est avec moi aussi à Paris. C’était le tout premier guitariste d’ANGRA : si tu écoutes Angels Cry (ndlr : le premier album d’ANGRA, sorti en 1993), les arrangements au niveau des guitares, c’est lui qui les avait réalisés. Mais il a quitté le groupe avant l’enregistrement de l’album

(P) : Et vous étiez restés en contact pendant toutes ces années ?

(A) : Oui. Mais à l’époque il avait quitté Sao Paulo pour aller vivre dans le sud du Brésil et voici 2 ans qu’il est revenu. A cette époque, les choses ont commencé à mal tourner dans SHAAMAN et je l’avais mis dans la confidence. Je lui avais dit que nous pourrions travailler ensemble à nouveau, et c’est ce qui s’est passé pour ce nouvel album : nous avons composé ensemble après toutes ces années. C’est un des meilleurs guitaristes au Brésil.

(P) : Il y a aussi dans ton groupe le jeune Eloy Casagrande, qui est le batteur et qui a la particularité d’avoir 16 ans. Comment l’as-tu déniché ?

(A) : Eloy a été une grosse surprise. Le premier batteur n’est pas resté et nous avons rencontré Eloy qui n’était pas un inconnu au Brésil : à 14 ans, il a été récompensé car il a terminé vainqueur d’une compétition mondiale de batterie (ndlr : le Modern Drummer Festival 2005) et de plus, il est fan de notre musique. Notre première rencontre a été très agréable et il nous a impressionné. Au début, malgré tout, j’étais un peu embêté par rapport à son très jeune âge car il y a une grande différence par rapport aux autres membres du groupe. Il pourrait limite être notre fiston (rire). Et puis finalement, il a un état d’esprit assez adulte, c’est quelqu’un d’équilibré et qui sait ce qu’il veut. Et puis, cela ne peut qu’être bénéfique : nous, nous lui apportons notre expérience, et lui, il nous donne un regard frais et un état d’esprit jeune. C’est une symbiose qui ne peut être que bénéfique au sein du groupe. Et puis, avouons-le, c’est un excellent musicien.

(P) : Venons en à l’album, Time To Be Free. Il a été enregistré dans plusieurs pays différents (Brésil, Etats-Unis, Allemagne). Pourquoi ?

(A) : Nous voulions utiliser les technologies modernes qui sont à notre disposition mais d’un autre côté, nous affectionnons toujours les techniques d’enregistrement plus traditionnelles. Nous avons donc décidé pour l’album de faire un compromis. L’album a été pré-produit au Brésil essentiellement, une petite partie a été travaillée aux Etats-Unis. Quant au mix final, cela s’est passé en Allemagne. L’avantage, c’est que nous avons pu bénéficier des meilleurs ressources de chaque studio, dans chacun des pays sus-mentionnés.

(P) : Ce titre, Time To Be Free – qui, en passant, est aussi le titre d’une des chansons de l’album – est lourd de sens. Et je dois avouer que je me suis un peu questionné là dessus. Est-ce le reflet de ton désir d’indépendance, de ce que tu exprimais quelques minutes auparavant quand tu disais que précisément "il était temps de faire quelque chose qui porterait mon nom" ? Sous-entendu, te sentais-tu prisonnier d’ANGRA, puis de SHAAMAN ? Ou y a-t-il une autre signification ?

(A) : C’est effectivement la conclusion immédiate. Je ne peux pas nier qu’il y a cette idée, même si ce n’est pas la seule. Chacun des groupes auxquels j’ai participé avait ses spécificités à l’intérieur d’un genre de musique : le heavy metal. Dans ANGRA, dans SHAAMAN, il y avait un style, une marque de fabrique, ce qui suppose qu’on ne pouvait pas faire n’importe quoi. Le fait de voler de mes propres ailes ne signifie pas pour autant que je vais me mettre à faire de la musique techno, bien évidemment. Je ne vais pas quitter mes racines, dont le heavy metal fait partie. Mais avec ce nouveau groupe, j’ai pour ambition d’utiliser un peu des styles, des ingrédients qui faisaient partie des groupes que j’ai connus. D’ailleurs, je compte bien reprendre des titres de mes anciens groupes. Mais au travers de ce titre, il y a un message plus général et plus universel. Plus spirituel aussi. C’est celui-ci : il est temps pour chaque homme, pour chaque femme de retrouver sa liberté à l’intérieur de soi, ses valeurs personnelles. Aujourd’hui plus que jamais, tout le monde est en quête de biens matériels, de confort, de travail, de profits, de pouvoir … enfin, tout ce genre de choses. Et on en oublie les valeurs essentielles de l’humanité : comment peut-on retrouver le goût de vivre ensemble, ou faire en sorte de mieux gérer notre planète, notre environnement, notre cadre de vie. Tout est aujourd’hui très excessif, tout devient plus cher, plus rare, plus dangereux. Et je pense que la musique peut aider les gens à se retrouver, à s’échapper de cette réalité, à faire passer des émotions et les faire redevenir un peu plus "humains". Voilà aussi ce que signifie ce titre et le message que je souhaite transmettre.

(P) : Venons en à la musique. Comme tu le disais, on retrouve pas mal de choses de tes anciens groupes. Certains titres font la part belle à du heavy metal bien musclé, je pense à "How Long (Unleashed Away)", "Letting Go" qui ouvre l’album, "Rio" … d’autres sont plus pesées et mélodiques comme "Looking Back" ou la ballade "Face The End". Les guitares sont bien en avant, il faut dire que tu as retrouvé une configuration à 2 guitares (ndlr : Hugo Mariutti était le seul guitariste dans SHAAMAN). J’ai retrouvé sur ce disque une fraîcheur qui m’a rappelé Angels Cry. Peut-être parce que tu as retrouvé Andre Hernandez à tes côtés justement, comme tu le mentionnais tout à l’heure …

(A) : Oui, peut-être. Mais ce sentiment est dû aussi à Roy Z. notre producteur (ndlr : connu pour être le guitariste de Bruce Dickinson et aussi pour avoir produit Bruce, Rob Halford, Judas Priest, Helloween et pas mal d’autres). Roy Z. a écouté et il connaît tous mes disques, de VIPER à SHAAMAN. Il a joué un rôle important et a bien compris que je voulais faire avec cet album un résumé de ma carrière, sans pour autant tomber dans l’auto parodie. Il n’y a rien de pire selon moi – et je déteste ça – qu’un groupe qui sort une copie carbone de ce qui a déjà été fait. Je pense que si tu pousses ta réflexion, si tu essaies d’apporter un plus dans ta musique, à y mettre tout ton cœur bref, si tu travailles dur, tu as toujours la possibilité d’en sortir du neuf et de te ré-inventer. Plusieurs styles musicaux comme le jazz ou la musique classique ne seraient plus là s’ils ne se ré-inventaient pas continuellement. On a beaucoup travaillé sur ce disque pour doser la puissance et les différents éléments mélodiques qui le composent. C’était parfois pas évident, on aurait pu se planter mais au final, je pense qu’on a sorti un bon premier album.

(P) : J’aime beaucoup la chanson "Rio" personnellement, qui est dédiée à la ville du même nom que tu connais bien. Qu’est-ce qui t’a motivé pour écrire cette chanson ?

(A) : L’idée de base provient du film City Of God, un film assez fameux au Brésil. On y voit ce qu’est la réalité à Rio, une réalité que tous les habitants connaissent au quotidien. Pour ma part, j’ai des réminiscences des moments que j’ai vécu là bas quand j’étais gosse, même si j’étais surtout à Sao Paulo. Les 2 villes ne sont pas très éloignées, peut-être 400 kilomètres. Dans le film, on a une double vision de Rio : une ville qui peut-être très violente, mais d’un autre côté une cité qui est magnifique. Il y a des points communs avec Paris dans une certaine mesure. Paris est pour moi l’une des plus belle villes du monde, mais elle est surtout jolie pour ses merveilles architecturales, son patrimoine, son histoire. Rio est magnifique dans un autre style, par ses mélanges, par sa proximité à la fois avec la mer, la montagne. Puis notre Christ géant. Rio est merveilleuse. Mais ce qui m’interpelle c’est ce paradoxe : comment autant de beauté peut co-exister avec autant de violence. Là aussi, ces réponses sont à chercher à l’intérieur de nous. L’homme a toujours été le siège de bons côtés et d’autres plus sombres. A l’intérieur, le bien et le mal sont toujours en opposition. Enfin voilà, tu liras les paroles quand tu les auras, et tu comprendras alors ce que je veux dire.

(P) : Tu as donc écrit sur Rio, tu avais chanté Lisbonne à l’époque d’ANGRA … à quand une chanson sur Paris ? (rire)

(A) : (rire itou). J’ai besoin pour écrire sur un sujet, en l’occurrence sur une ville d’avoir des expériences fortes et qui me secouent. Je pense que Paris est trop merveilleuse et trop bénéfique pour moi. Mais bon, pourquoi pas ? Ca peut arriver, il ne faut jamais dire jamais …

(P) : Pour revenir à l’album, tu as décidé de reprendre et de re-arranger la chanson "A New Moonlight" qui date de l’époque de VIPER. Pourquoi avoir choisi de faire cette nouvelle version ?

(A) : La première raison, c’est que c’est la toute première chanson que j’ai écrite dans ma vie. C’était donc symbolique de la reprendre à nouveau sur mon premier album solo. Ca n’avait pas d’intérêt de refaire ce que j’ai fait voilà plusieurs années maintenant, j’ai donc décidé de la lifter à nouveau. Et puis, je ne suis plus le jeune homme que j’étais à 17 ans : j’ai mûri, j’ai eu de multiples expériences. Comment chanter la même chose aujourd’hui alors que je ne suis plus dans le même état d’esprit ? Ce travail était assez intéressant car c’était comme re-ouvrir un livre que j’avais laissé à l’abandon il y a très longtemps pour en écrire l’épilogue. Voilà pourquoi il y a eu des changements dans les parties instrumentales, de nouvelles paroles. On a malgré tout essayé de garder un côté un peu naïf, comme c’était à l’origine. C’est intéressant de comparer les 2 versions.

(P) : Tu joues demain au Hard Rock Café ici à Paris, tu présentes un show acoustique avec ton compère guitariste …

(A) : Oui, avec Zaza (rire – ndlr : c’est le surnom d’Andre Hernandez) … nous jouons aussi à Clermont Ferrand puis après nous donnons ce même type de rendez-vous en Italie, en Allemagne … Mais c’est vrai qu’ici à Paris, c’est spécial car voilà longtemps que je n’ai plus rencontré mes fans français, ça me fait chaud au cœur et j’espère qu’ils aimeront les nouvelles chansons. Je suis toujours très attaché à la France : j’y ai connu des grands moments et les fans français ont toujours été très présents avec ANGRA et SHAAMAN. Je suis plus qu’heureux donc de venir partager avec eux ce nouveau départ. Demain il y aura en acoustique des nouveaux titres et aussi des chansons d’ANGRA et de SHAAMAN, mais je n’en dis pas plus.

(P) : Il y a ces shows acoustiques qui font figure de tournée promotionnelle. Comptes-tu revenir ensuite pour une vraie tournée plus traditionnelle avec tout le groupe ?

(A) : Oui une tournée européenne devrait se mettre en place, nous participerons aussi à quelques festivals. Je veillerai personnellement à ce qu’il y ait plusieurs dates en France. J’aimerai retrouver l’état d’esprit de cette période où nous étions sur les routes et où nous rencontrions le public.

 

About Janus

Janus Aureus is my recently-inaugurated personal blog (written in portuguese, but with some texts in english as well). Fiore Rouge is my old (but still very active - in fact, more than Janus :P) blog (I started it back in 2005). Mentalize is a fan-made website (since 2005). if you wish to contact me for any reason, visit my blog and leave a comment OR see email above (top left) - no, my name's not Andre - actually, I'm not even a guy! LOL Long story... O Janus Aureus é meu blog pessoal - escrito em português - ainda sem muito conteúdo, pois foi começado no final de dezembro de 2011. Já o Mentalize foi aberto em 2005 e está escrito em várias línguas *rs* Privilegio o uso do inglês ali porque o pessoal estrangeiro não tem muitas informações sobre o AM. Quem quiser entrar em contato comigo por qualquer motivo, deixe um comentário nos meus blogs ou use o email que está aí em cima à esquerda (e não, eu não sou o Andre - aliás, sou mulher!).

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